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Sept titres au sommet : l'histoire record de l'Égypte à la Coupe d'Afrique des nations

De la toute première édition à Khartoum en 1957 au triplé historique de 2006 à 2010, l'Égypte a écrit en lettres pharaoniques le palmarès de la Coupe d'Afrique des nations : sept titres qu'aucune autre sélection n'égale. Voici l'histoire du lien le plus profond entre une nation et le championnat de son continent.

La rédaction·Publié le 18 août 2026·7 min de lecture
مصر في مواجهة الكاميرون خلال نهائي كأس الأمم الأفريقية 2008 بأكرا
hiroo / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Chaque fois que l’on raconte l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations, le nom de l’Égypte vient en premier. La sélection égyptienne est la plus titrée de l’histoire de la compétition avec sept trophées, un record dont personne ne s’est encore approché. Les Pharaons sont présents dans le récit du tournoi depuis sa toute première ligne : ils ont disputé l’édition inaugurale et en ont soulevé le premier trophée.

Tout a commencé à Khartoum en 1957, lorsque la première édition ne réunit que trois sélections : l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie. L’Égypte écarta le Soudan en demi-finale, puis balaya l’Éthiopie en finale sur le score de quatre buts à zéro, tous inscrits par un seul homme, Mohamed Diab El-Attar, surnommé « El-Diba ». L’Égypte entrait ainsi dans l’histoire comme premier champion d’Afrique, et El-Diba comme l’auteur de tous les buts de la première finale continentale.

Deux ans plus tard seulement, Le Caire accueillit la deuxième édition, en 1959, et l’équipe — qui évoluait alors sous le nom de République arabe unie — conserva son titre à domicile, confirmant que le premier sacre n’était pas le fruit du hasard d’un plateau réduit, mais le début d’une relation particulière entre l’Égypte et la coupe continentale.

Vinrent ensuite des décennies d’attente, ponctuées de campagnes inégales, avant que le titre ne revienne lors d’une nuit cairote inoubliable, en 1986 : l’Égypte organisait le tournoi, atteignit la finale face au Cameroun et décrocha une troisième couronne aux tirs au but, devant des tribunes combles jusqu’au dernier siège. Une nouvelle génération d’Égyptiens se réconciliait alors avec le rêve du sommet africain.

En 1998, au Burkina Faso, les Pharaons ajoutèrent un quatrième titre sous la conduite de l’entraîneur Mahmoud El-Gohary, auteur d’un parcours unique dans l’histoire de la compétition : il avait remporté la coupe comme joueur en 1959, puis comme sélectionneur près de quatre décennies plus tard, un doublé rare qui résume la profondeur du lien entre l’Égypte et l’épreuve.

Mais le chapitre le plus doré de cette histoire s’écrivit entre 2006 et 2010. Sous la direction du sélectionneur Hassan Shehata, l’Égypte réussit ce qu’aucune sélection n’avait accompli dans l’histoire du tournoi : trois titres consécutifs. La série débuta à domicile en 2006 par une victoire aux tirs au but contre la Côte d’Ivoire, se poursuivit au Ghana en 2008 par un succès 1-0 devant le Cameroun et s’acheva en Angola en 2010, de nouveau sur le plus petit des écarts, cette fois face au Ghana.

Cette époque fut portée par une génération exceptionnelle : Mohamed Aboutrika, buteur de la finale 2008 et auteur des gestes décisifs des grands rendez-vous ; le capitaine Ahmed Hassan, devenu l’un des joueurs les plus capés de l’histoire du football international ; Wael Gomaa, roc de la défense ; et le gardien Essam El-Hadary, qui souleva la coupe à quatre reprises entre 1998 et 2010 et poursuivit sa carrière internationale au-delà de quarante ans, établissant des records de longévité qu’il couronna par une participation à la Coupe du monde 2018 dans les buts, au milieu de la quarantaine.

Après avoir bouclé ce triplé en 2010, l’Égypte fut récompensée pour un exploit sans précédent par le droit de conserver définitivement un exemplaire du trophée, une tradition continentale réservée aux sélections qui imposent une domination totale. La coupe est depuis, dans les vitrines du football égyptien, le témoin matériel d’une époque qui ne se répétera pas facilement.

Les années suivantes n’ont pas manqué de regrets, si près du but et pourtant inachevés : la deuxième place en 2017, après une finale perdue contre le Cameroun ; l’organisation à domicile de l’édition élargie de 2019 ; puis la finale de 2021, où les Pharaons s’inclinèrent aux tirs au but devant le Sénégal, l’une des nuits les plus cruelles pour la génération de Mohamed Salah, qui court toujours, avec ses coéquipiers, après un huitième titre insaisissable.

Dans l’imaginaire égyptien, la Coupe d’Afrique des nations reste bien plus qu’un tournoi de football. C’est le moment où les cafés se transforment en tribunes, où les rues se parent de drapeaux, où les Égyptiens, toutes différences confondues, se rassemblent devant un même écran. Sept titres racontent un siècle de football égyptien, du quadruplé d’El-Diba à Khartoum à la génération Salah ; et le record demeure l’étalon auquel se mesurent toutes les sélections du continent, le rêve d’un huitième sacre restant différé, jamais abandonné.

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